1990... et 2007 : A Vélo


Avec Clémence, vers 1990
Sur un petit terrain vague, en garrigues, Clémence apprend à rouler à bicyclette, et Martine l'encourage.

Cet épisode est représentatif du caractère de Clémence. Elle avait décidé d'apprendre à rouler à vélo, et elle a fait ce qu'il fallait pour y arriver. Dès la deuxième sortie, elle avait compris comment trouver son équilibre. Les difficultés, les premiers échecs, et les premières "buches" ne l'ont en rien découragée. A chaque fois, elle remontait sur son terrible engin dont elle a fini par maîtriser les caprices.

J'ai souvent repensé à cet épisode, par exemple lorsqu'elle a décidé d'apprendre le Chinois - Mandarin et qu'elle est partie, toute seule, à Pékin. Au moment de la séparation, en salle d'embarquement de l'aéroport, elle nous a dit, à Martine et moi qui n'en menions pas large:
"Il faut que j'y aille. Si je réussis à faire cela, je n'aurai plus jamais peur de rien".
Elle a réussi !




Plus de vingt ans plus tard, au printemps 2007
Partant de St-Gilles, nous roulons sur le chemin de halage le long du Canal du Rhône à Sète : le soleil est là, la douceur printanière, les fleurs, les oiseaux... Malgré sa chimio encore récente, Martine est en forme, et nous continuons sur des kilomètres, jusqu'à un pont métallique, construit au dessus d'une étrange machinerie, et qui franchit le canal au niveau d'un embranchement. Si nous voulons continuer en direction d'Aigues-Mortes, il nous faut traverser. Nous escaladons, le vélo sur l'épaule, l'escalier métallique qui conduit, l'équivalent de 3 étages plus haut, à la passerelle qui mène à l'autre berge, et nous redescendons de l'autre côté, pour trouver la porte métallique verouillée !
Qu'à cela ne tienne !



Nous grimpons à la grille, et passons les vélo, à bout de bras, jusqu'au bas de l'escalier où des indigènes rassemblés autour d'un pique-nique nous observent d'un œil mi-curieux, mi goguenard, l'air de dire "Té, vise un peu les parisiens !".
Nous pouvons ainsi rejoindre la rive gauche, et continuer notre périple vers Aigues-Mortes, puis remonter sur la même rive, dans la lointaine direction du site où nous avions garé la voiture.
Sur quelques kilomètres, tout va bien ! Le chemin est large, désert, et le soleil, qui commence à baisser, est moins ardent.
Puis, subitement, plus de chemin : un amas de ronces barre la piste. J'essaie de contourner, j'inspecte... Aucun passage et, manifestement, plus de piste au delà. Nous devons donc rebrousser chemin jusqu'à Aigues-Mortes, franchir le pont routier, et rouler à nouveau sur de longs kilomètres pour rejoindre enfin, à une heure avancée, notre destination.
Nous rentrons fourbus, mais contents, en espérant repartir bientôt à l'aventure.
 

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