07 - Montréal

Le séjour à Montréal durant un an, à partir d'octobre 1991. constitue une étape majeure de notre vie familiale, à l'origine de multiples souvenirs merveilleux, et d'une amitié formidable.
Ce fut aussi la première vraie confrontation des enfants avec le monde anglophone (et avec les langues étrangères, de fait), ce qui a certainement contribué à leur goût des voyages et à leur intérêt pour l'apprentissage des langues.
La décision en a été prise un soir, alors que je venais d'apprendre que je ne pourrais pas me présenter au concours d'agrégation (en vue du poste de professeur dont la Faculté de Médecine avait obtenu la création pour moi) pour des raisons purement administratives : je devais préalablement demander (simple formalité) mon reclassement de "Chef-de-Travaux" à "Maître-de-Conférences" avant de pouvoir postuler. Cela n'aurait posé aucun problème si je l'avais su quelques mois plus tôt, mais j'ai dû en fait attendre trois ans avant de pouvoir postuler. Ma première réaction a été d'envisager une année à l'étranger. Ce n'était pas obligatoire à l'époque, mais c'était une façon très positive d'enrichir son CV. Quelques coups de fils durant l'après-midi m'avaient permis de recueillir trois propositions : Trondheim (Norvège), Houston (Texas), ou Montréal (Québec). J'avais déjà fait deux séjours d'un mois à Montréal, où je m'étais lié d'amitié avec Anne-Marie et Pierre Rainville (qui m'avaient logé en B&B).
Pierre et Anne-Marie Rainville, dans leur jardin, en 1992

Le soir donc, à la veillée, nous discutons avec Martine, et nous comprenons que nous devons prendre une grande décision :
"On y va ?"
"On y va !".
Tout s'enchaîne alors très vite : les Rainville nous trouvent un grand appartement à Montréal (rue Bloomfield), et inscrivent même nos trois enfants à l'école du quartier, à quelques mètres (nous rétrogradons Stéphane d'un an, pour qu'il soit à l'école avec son frère et sa soeur - il avait "sauté" une année de maternelle, et avait donc un an d'avance - au retour en France, il reprend sa scolarité normale, gardant son année d'avance sans aucun problème).
Nous arrivons à Montréal à l'automne. L'avion a plusieurs heures de retard, et c'est tard dans la nuit que Claude Rainville (le fils) vient nous chercher à l'aéroport avec sa fourgonnette. Le matin (dimanche) Patrice et Françoise Bret nous invitent et nous font découvrir les Bagels (Raphaël adore).
Le lundi matin, je commence le travail au "Montreal General Hospital", tandis que les enfants font leur rentrée scolaire et que Martine découvre le quartier pour organiser la vie familiale.
Nous essaierons de retranscrire ici quelques épisodes de cette année québécoise, au gré des photos que nous pourrons retrouver.