1998 En Eté (avec le cancer)

A l'été 1998, Marie-Gabrielle et ses enfants passent nous voir à la maison, avant d'aller séjourner quelques jours à Maguelone, au bord de la mer.
Martine commence à se remettre de ses traitements (première chimiothérapie "d'induction" à partir de mars, puis chirurgie). Ses cheveux commencent à repousser, et l'espoir domine. Quelques jours plus tard, elle doit commencer la radiothérapie.



Son cancer a été découvert en février, lors d'une mammographie de routine. Les années précédentes, ces examens n'avaient rien montré, principalement parce qu'ils ne pouvaient rien montrer, en raison des multiples kystes qui masquaient d'éventuelles images inquiétantes, de même qu'ils ne permettaient pas une palpation interprétable. Quelques années plus tôt, rentrant de Corse où elle avait rencontré son amie d'enfance Martine (elle-même traitée depuis de nombreuses années pour un cancer du sein, dont elle est décédée depuis), nous nous étions inquiétés car elle présentait une masse dure au sein droit, et une petite tuméfaction ronde près de l'aisselle. La mammographie et l'échographie avaient alors été négatives (de simples kystes) et nous étions depuis plutôt rassurés.

Pourtant, depuis "quelques temps" - probablement de nombreux mois - Martine avait constaté (sans rien dire), au millieu des kystes, une masse plus dure dans le sein gauche.
Lors de l'examen systématique de février, cette fois, ma collègue radiologue a été formelle : elle m'a téléphoné le lendemain de l'examen, après avoir analysé les clichés, et m'a dit d'emblée "Pour moi, c'est un cancer !".
Ce jour là, le ciel m'est tombé sur la tête. Il a fallu l'IRM, réalisée très rapidement, pour que je me rende à l'évidence. J'ai alors sollicité le conseil de mes amis radiologues spécialisés dans la pathologie du sein, et nous avons obtenu très vite un rendez-vous à Montpellier, au centre anti-cancéreux, pour un premier bilan clinique accompagné d'une biopsie, qui s'est révélée aussi positive.

Une stratégie de traitement a été mise en place : eu égard à la taille de la tumeur (4 cm), une chimiothérapie "d'induction" serait réalisée dans un premier temps, suivie, après quelques semaines, d'une chirurgie d'exérèse limitée, puis d'une radiothérapie.

Le fait de passer à l'action nous a réconforté : nous étions entrés dans le combat, et nous nous accrochions à l'espoir. Ce week-end là, Stéphane (en "prépa" à Lyon) rentrait à la maison, et Martine décida que nous allions tous les cinq "fêter ça" au restaurant. Cette soirée est restée dans notre mémoire, tant pour les buffets "à volonté" somptueux qui ont, pour la première fois, eu raison de l'appétit des trois enfants, que pour l'atmosphère presque joyeuse qui prévalait, car nous étions tous ensemble engagés dans la lutte que nous espérions avec force être finalement victorieuse.

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