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1980 - Naissance de Stéphane

Ce jour là, 6 juillet 1980, nous avons passé l'après-midi à la plage de l'Espiguette. Nous avons roulé avec notre vieille R6 sur le chemin cahoteux, porté tous deux la planche à voile, nagé... persuadés que nous étions que le bébé n'arriverait que dans trois semaines.
Au retour à Nîmes, nous faisons route vers la maison de mes parents, où nous étions invités pour le repas du soir.

En chemin, cependant, contractions et... écoulement d'eau et de sang !

Demi-tour vers la clinique, ou l'obstétricien diagnostique un hématome consécutif à un placenta praevia (que nous n'avions pas vu malgré les multiples échographies contemplatives !) et décide la césarienne en urgence.

Il était temps, en effet, et l'opération est rapidement entreprise. Je me déguise en chirurgien et j'assiste... Martine est sous anesthésie générale, et le bébé est rapidement extrait, apparemment en parfait état...  Quelques minutes plus tard, cependant, l'anesthésiste s'agite car le bébé fait un arrêt cardiaque - vite rattrapé par une brève et vigoureuse stimulation. Dans le même temps, la zone placentaire saigne abondamment, et le chirurgien peine à faire l'hémostase. Il s'impatiente un peu, car le sang, commandé au Centre de Transfusion, n'arrive pas. Tout rentre néanmoins dans l'ordre.

Le bébé est placé en couveuse pour la nuit, et la mère ramenée dans sa chambre où elle se réveille peu à peu, et souffre copieusement tout le restant de la nuit.




















Au matin, pourtant, les souffrances sont vite oubliées lorsque, enfin, le bébé lui est amené. Alors que nous avions discuté souvent, longtemps et sans résultat, du prénom éventuel, elle décide aussitôt, sans une quelconque hésitation, qu'il s'appellera Stéphane.

Et voici Stéphane, qui, aussitôt au contact de sa mère, prend le sein, ouvre les yeux, explore l'univers... et sourit !
(Pierre et Cathy Gibbe sont là, et Pierre, excellent photographe, fixe ce sourire sur la pellicule).




Quelques semaines plus tard, une image de tendresse infinie : Martine et Stéphane endormis après la tétée !

Nous n'avions emménagé dans notre petit appartement de la rue Notre-Dame (Nîmes) que quelques mois auparavant (octobre 1979), et notre chambre ne comportait, pour tout mobilier, qu'un matelas à même le sol. En fait, notre premier et seul achat à cette époque était le piano (un petit piano droit, Gaveau, toujours là), pour lequel nous nous étions endettés pour 10 ans !

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